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Intercontrat : définition, coût et comment l'anticiper

L'intercontrat est la période pendant laquelle un consultant salarié d'une ESN n'est affecté à aucune mission facturable, entre deux missions ou à son arrivée. Il reste salarié et payé : chaque jour d'intercontrat coûte son CJM à l'entreprise sans produire de chiffre d'affaires. C'est la principale fuite de marge d'une ESN en régie, et la plus facile à réduire quand on la voit venir.

Combien coûte l'intercontrat

Coût de l'intercontrat = CJM × jours d'intercontrat

Le CJM est le coût journalier chargé du consultant ; les jours comptés sont les jours ouvrés sans mission, hors congés.

Un consultant à 48 000 € brut par an a un CJM de 319 € avec les hypothèses par défaut (coefficient de charges et jours facturables). Trois semaines sans mission, soit 15 jours ouvrés, coûtent donc 4 789 € à l'ESN, sans aucun chiffre d'affaires en face.

Effet sur le TACE et sur la marge

Prenons un mois de 22 jours ouvrés, sans congés. Le même consultant est vendu 520 € par jour ; il facture 19 jours et passe 3 jours en intercontrat.

IndicateurMois sans intercontratMois avec 3 jours d'intercontrat
TACE100 %86 %
Marge de la mission4 416 €3 814 €
Coût de l'intercontrat0 €958 €
Marge réelle du mois4 416 €2 856 €

Le manque à gagner est double : les jours non facturés ne rapportent rien, et ils continuent de coûter. Avec 201 € de marge par jour facturé, il faut environ 5 jours de mission pour seulement compenser le coût de ces 3 jours d'intercontrat.

Mesurez votre taux d'activité

Le calculateur de TACE montre l'effet des jours d'intercontrat sur votre taux, et le calculateur de CJM et de marge leur coût.

Les leviers pour réduire l'intercontrat

Anticiper les fins de mission

La date de fin d'une mission est connue des semaines à l'avance. Lister chaque mois les consultants qui terminent dans les 30, 60 et 90 jours, avec ou sans suite identifiée, transforme une surprise en action commerciale. Dans Hiveo, le radar de capacité à 90 jours affiche ces disponibilités à venir, et les alertes d'intercontrat proposent des pistes de placement parmi les besoins ouverts.

Entretenir un vivier de besoins et de profils

Un consultant se replace vite quand le besoin client est déjà qualifié et que son dossier de compétences est à jour. Côté recrutement, un vivier suivi évite d'embaucher pour une mission déjà couverte en interne.

Utiliser le temps plutôt que le subir

Formation sur une compétence demandée, appui à l'avant-vente, projet interne : ces jours restent non facturés, mais ils préparent la mission suivante. Notez-les dans le CRA pour que le TACE et les coûts restent justes.

Arbitrer salariés et sous-traitants

Pour un besoin court ou incertain, un sous-traitant évite le risque d'intercontrat ; pour un besoin durable, un salarié offre une meilleure marge par jour. La bonne proportion dépend de la visibilité sur votre carnet de commandes.

Aspects humains et RH

L'intercontrat est aussi une période sensible pour le consultant : incertitude, sentiment d'isolement, risque de départ. Garder un contact régulier, donner des objectifs clairs et une perspective de mission compte autant que le coût. Le salarié reste payé et soumis à son contrat de travail habituel ; toute mesure particulière (changement de lieu de travail, tâches nouvelles, aménagement du temps) doit être examinée avec vos RH ou votre conseil, au regard de votre convention collective.

Erreurs courantes

  • Ne pas saisir l'intercontrat dans les CRA : le TACE paraît meilleur qu'il n'est et le coût disparaît des marges.
  • Regarder seulement le mois écoulé : à ce stade, l'intercontrat est déjà payé.
  • Compter les congés comme de l'intercontrat : les congés sortent du TACE, l'intercontrat y reste.
  • Laisser un consultant sans nouvelles : le risque de démission s'ajoute au coût.

Pour savoir ce que coûte un outil de pilotage au regard de ces jours perdus, consultez les tarifs.

Termes liés

Questions fréquentes

Un consultant en intercontrat est-il payé ?

Oui. Un salarié en CDI reste rémunéré normalement entre deux missions : l'absence de mission relève du risque de l'employeur. Les modalités précises (lieu de travail, tâches confiées, temps partiel éventuel) dépendent du contrat, de la convention collective et des accords d'entreprise ; faites-les valider par vos RH ou votre conseil.

Que peut faire un consultant pendant l'intercontrat ?

Formation ou certification, avant-vente (rédaction de dossiers de compétences, soutenances), contribution à des projets internes, partage de connaissances. L'objectif est double : rester employable sur les besoins du marché et préparer la prochaine mission.

L'intercontrat compte-t-il dans le TACE ?

Oui : un jour d'intercontrat est un jour disponible non produit. Il entre au dénominateur du TACE et le fait baisser, contrairement aux congés qui en sont exclus.

Un freelance coûte-t-il de l'intercontrat à l'ESN ?

Non. Un sous-traitant n'est payé que pour les jours travaillés sur mission. C'est l'une des raisons pour lesquelles les ESN mélangent salariés et indépendants, au prix d'une marge par jour généralement plus faible sur ces derniers.

Comment réduire l'intercontrat ?

En anticipant : suivre les fins de mission plusieurs semaines à l'avance, rapprocher chaque consultant bientôt disponible des besoins clients ouverts, entretenir un vivier de candidats et de missions, et utiliser les périodes creuses pour former sur les compétences demandées.